Ce 6 mai 2025, la Journée mondiale sans régimes entend dénoncer les dangers des régimes amaigrissants et promouvoir l’acceptation de soi. Une intention louable… à condition de bien définir de quoi on parle. Car sous l’étiquette « régime », on trouve tout et n’importe quoi.
Qu’est-ce qu’un « régime » ?
Le mot « régime » est devenu un fourre-tout. Il peut désigner une stratégie alimentaire temporaire à visée médicale, un modèle nutritionnel durable (comme le régime méditerranéen), ou encore une restriction calorique sévère souvent motivée par des injonctions esthétiques. C’est surtout cette dernière forme – hypocalorique, frustrante, culpabilisante – qui est aujourd’hui dénoncée à juste titre. Mais pour avancer, il est essentiel de comprendre sur quoi repose réellement l’équilibre énergétique de notre corps.
Le métabolisme, boussole du corps
Le métabolisme de base correspond à l’énergie minimale nécessaire au fonctionnement vital de notre organisme au repos (respirer, digérer, maintenir la température corporelle, etc.). Il varie selon l’âge, le sexe, la masse musculaire et l’état de santé. À cela s’ajoute le métabolisme d’activité, c’est-à-dire les dépenses liées aux mouvements quotidiens, à l’exercice physique, au stress, aux émotions, etc.
Un véritable régime restrictif commence quand l’apport calorique descend en dessous du métabolisme de base. Le corps perçoit alors une situation de famine. Il ralentit ses fonctions, stocke davantage à la moindre occasion, et déclenche des pulsions alimentaires compensatoires. C’est le fameux effet yo-yo : perte de poids rapide, reprise assurée, parfois avec bonus. Ce type de régime est non seulement inefficace, mais aussi délétère sur le long terme.
À l’inverse, une alimentation adaptée, située entre le métabolisme de base et celui d’activité, peut aider à retrouver un poids de santé si cela est nécessaire et bénéfique pour la personne. Ce n’est alors plus une punition calorique, mais un soin apporté au corps.
Entre alimentation saine et orthorexie : attention aux amalgames
Certaines voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer comme « régime » toute démarche visant à mieux manger. Pour ces professionnels, souvent issus d’une culture universitaire où « manger de tout un peu » est l’idéal absolu, toute exclusion alimentaire serait suspecte. Cela revient à faire l’amalgame entre une alimentation centrée sur les besoins physiologiques humains – qui privilégie les vrais aliments, bruts ou peu transformés – et un trouble du comportement alimentaire appelé orthorexie, qui repose sur une obsession pathologique de la « pureté » alimentaire.
Cette confusion est dommageable, notamment pour les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (TCA). Chez elles, incorporer « un peu » d’aliments de malbouffe chaque jour – sous prétexte de « normalité » – revient à réactiver le circuit de l’addiction. C’est comme proposer à un alcoolique une gorgée quotidienne pour « désacraliser » l’alcool : l’intention peut sembler rationnelle, mais elle est en réalité toxique. Le cerveau, lui, se souvient.
Et si on changeait de paradigme ?
Derrière le rejet des régimes, il y a une vérité : il faut sortir des logiques punitives, culpabilisantes et standardisées. Mais cela ne signifie pas renoncer à toute amélioration de l’alimentation. Manger en fonction de ses besoins réels, de manière individualisée, en évitant les produits ultra-transformés qui détériorent le microbiote et stimulent artificiellement l’appétit, ce n’est pas faire un régime. C’est reprendre soin de soi.
Alors en ce 6 mai, célébrons ensemble une journée sans régimes destructeurs, oui – mais surtout, engageons-nous vers une alimentation vivante, nourrissante, respectueuse de notre biologie… et de notre histoire personnelle.
