France Info a rapporté que les députés étudient en ce moment une nouvelle taxe sur les bonbons industriels.
https://www.franceinfo.fr/sante/alimentation/apres-les-sodas-les-deputes-s-interessent-a-une-taxe-sur-les-bonbons_7599362.html#:~:text=Les%20producteurs%20seraient%20tax%C3%A9s%20entre,pour%20pr%C3%A9server%20les%20entreprises%20artisanales.
L’idée serait de réduire la consommation de sucres ajoutés en rendant ces produits un peu plus chers, tout en finançant des programmes de prévention contre l’obésité.
L’objectif n’est pas d’interdire les friandises, mais de protéger la santé publique, surtout celle des enfants.
Aujourd’hui, près de 10 millions de Français vivent avec une obésité, et beaucoup d’enfants consomment du sucre plusieurs fois par jour sans même s’en rendre compte.
Cette taxe viserait uniquement les grandes entreprises (plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires) et serait calculée selon la quantité de sucre utilisée — entre 21 et 35 € pour 100 kg de bonbons.
Les petites confiseries artisanales ne seraient donc pas concernées.
L’objectif est d’envoyer un message clair : le sucre n’est pas un aliment anodin.
En excès, le sucre favorise les déséquilibres métaboliques, la fatigue, les troubles de l’humeur et, à long terme, la dépression. Mais si ces excès sont si fréquents, c’est justement parce que le sucre agit comme une véritable substance addictive.
De nombreuses études ont montré qu’il stimule dans le cerveau les mêmes circuits de récompense que certaines drogues dures, libérant un pic de dopamine suivi d’un besoin de “recharger”. À court terme, cela crée une sensation de réconfort ; à long terme, un engrenage où le corps et le mental réclament sans cesse leur “dose”.
Certains travaux ont même comparé la puissance de cette dépendance à celle de la cocaïne — le sucre ne détruit pas la vie sociale de la même manière, mais il enchaîne en douceur, jour après jour, sous couvert d’innocence.
C’est pourquoi la question n’est pas seulement nutritionnelle : elle touche à la liberté alimentaire et au fonctionnement du cerveau et du microbiote intestinal.
On a connu la même histoire avec le tabac : des entreprises florissantes, des emplois, une habitude sociale… puis la prise de conscience de ses ravages. Beaucoup de fabricants ont su se reconvertir, d’autres ont disparu. Aujourd’hui, c’est au tour du sucre industriel de traverser cette zone de vérité. Comme pour le vin — où certains viticulteurs subissent durement la baisse de consommation —, on voit bien qu’il ne s’agit pas de « punir », mais d’anticiper les transitions.
Les signaux sont clairs : le monde change, la santé publique devient une priorité. Les filières qui continueront à produire massivement des aliments délétères devront, tôt ou tard, s’adapter.
Plutôt que de s’y opposer, mieux vaut accompagner cette mutation, soutenir les reconversions et aider ceux qui veulent évoluer vers une alimentation réellement nourrissante.
Parce que, collectivement, nous ne pouvons plus nous permettre de consacrer autant d’argent public à des maladies dont les causes sont évitables : prévenir coûtera toujours moins cher que réparer.
Certains parents le disent d’ailleurs avec bon sens :
« Si c’est un peu plus cher, on en achètera moins… et ce n’est pas un besoin essentiel. »
